dimanche 23 mai 2010

Alone in the blue

Ce samedi matin, je me lève avec un doute. La journée sera t elle meilleure que prévue? Toutes les prévisions annoncent du bleu et pas mal de vent. Je n'irai pas à Jeufosse,
un peu loin pour du tout bleu, et j'ai bien envie de varier les parcours. Retour donc à Malay, après l'épisode de mercredi. Cette fois, le vent est plein NE. Malay est un site Nord, ce n'est donc gagné... Mais je l'ai déjà fait: en septembre 2003, cela m'avait même permis de passer pour la première fois la barre des 200km en plaine.

Sans nouvelle de personne, je me mets en route vers Sens. Personne sur le site. Au déco, ça souffle vraiment fort, et travers 45°, comme prévu. Si fort que j'hésite à me mettre en l'air. Je sens bien la séquence marche arrière... J'attends un bon creux dans les cycles, et décolle rapidement. Tout doucement, je rejoins l'épaule NE où je me place en attente, quasi scotché. Ce sera à la faveur du second cycle thermique que je sortirai dans un beau +2.7. Ce début de journée est idyllique: plafond à 1200, des petits cums alignés dans l'axe. Petit discussion radio avec mon père resté chez lui pour faire le point. En effet, je sens que l'activité thermique n'est pas au mieux. Même si je ne descends pas en transition, je ne trouve pas d'ascendance digne de ce nom sous les nuelles. Je continue ainsi mon chemin, avec quelques pauses dans du +0.5. Je descends néanmoins doucement mais surement vers mon premier point bas, à côté de Châtillon Coligny (ville célèbre pour son histoire, son superbe donjon bâti par Etienne de Sancerre, et ses armes or-azur).

Sus à l'ennemi ! Vers 100m/sol, j'aperçois enfin ce qui semble être un déclenchement prometteur. Effectivement, ça secoue un peu mais rebond à +3 jusqu'à 1300m. Ensuite direction Gien, sous un ciel intégralement bleu. La masse d'air s'est intégralement asséchée, ce qui n'est pas de bon augure pour l'obstacle majeur qui se présente: la Sologne. Je passe légèrement plus au nord que mon itinéraire de 2003, mais j'en reconnais très bien les paysages. La visibilité est incroyable, et les lacs scintillent déjà au loin. Il est temps d'attaquer la forêt. Je tire bien évidemment le frein, et prends mon temps pour bien faire mes plafonds (1400m au mieux) dans des thermiques globalement faibles (+1). Heureusement, la dérive joue en ma faveur, puisque j'affiche en moyenne 75km/h vent dans le dos, sans accélérer. 10km/h de plus qu'au départ, le vent s'est légèrement renforcé. Ce qui ne me rassure pas, c'est qu'au sol on dirait que c'est la tempête. Chaque point bas est une petite angoisse car les "vaches" ne sont pas nombreuses, au milieu de ce territoire dévolu à la chasse pour chasseur ne sachant pas chasser.

J'ai bon espoir de sortir indemne de la zone, mais un dernier point bas après Theillay m'oblige à poser. Entre poser en sécurité ou tenter de dériver un zéro incertain au dessus des quelques kms de forêt restants, mon choix est vite fait. Je ne le regrette absolument pas, vu le posé aérien (scotché bras, 1er barreau par moment, avec de beaux rouleaux) auquel j'ai du faire face. Au final, 143.4km en ligne droite, pour une journée annoncée relativement moyenne et dans le bleu, joli clin d'oeil à 2003. C'était un vrai plaisir de profiter de ces conditions, j'aurais aimé que d'autres puissent le faire avec moi ! Un grand merci à mon père pour la fin de récup' nécessaire pour récupérer la voiture. Et une question qui demeure: quand pourra t on faire 200km cette année?

jeudi 20 mai 2010

Comment rater une journée à 200km, 2ème...

Déjà samedi dernier on sentait que la saison de plaine commençait enfin. Avec plaf 2000m et rue de cums, le cross de Malay était donné. Malheureusement, des impératifs m'obligent à rester sur place... Je ne ferai donc qu'un petit triangle de 25km face au vent (20km/h). Quel gâchis ! Cela dit, je ne m'en plains pas trop non plus: refaire un bon gros plafond avec une vue magnifique sur tout le Sensonais, c'est agréable. A la place, la journée sera très bien exploitée par Etienne Coupez depuis la Belgique (voir le site CFD).

Grâce à ce vol, la motivation et l'envie reviennent. Le créneau météo semble se préciser, et j'arrive donc à ma libérer mercredi pour tenter d'exploiter la journée avec Franck, Marco, et quelques autres. Le bouche à oreille va vite, et on se retrouve assez nombreux au déco de Malay. La journée s'annonce bien, si ce n'était un voile de cirrus axé nord/sud qui nous met pile à l'ombre sur le site et dans la dérive... Pas de chance ! D'autant que j'hésitais le matin à partir à Jeufosse. Le vent plus fort à Sens, des pressions moins élevées, et davantage de cumulification annoncée auront raison de moi. A posteriori, Jeufosse paraissant finalement très bon, mais on ne saura jamais quelles étaient réellement les conditions sur place.
Bref, nous voilà en l'air dans des conditions moyennes. Assez rapidement, Franck, Marco et moi nous retrouvons vers 700m à hésiter sur le départ. Quelques allers retours plus tard, nous partons par défaut toujours autour de 700. Les conditions sont faibles, nous sommes plutôt à l'ombre du cirrus. Nous dérivons à trois jusque vers Joigny, tiré par un vent de NNE que nous controns à chaque petite transition. En effet, les zones d'Avord (Bourges) sont toutes actives, et nous devons donc prendre dès maintenant un cap pour contourner la R20B1. Pratique... Merci les exercices militaires !

C'est déjà l'heure de la séparation: Marco prend le parti d'aller au soleil assez tôt, se battra bien sur plusieurs kms, mais l'affaissement de masse dû au relief d'Othe aura probablement raison de lui. Franck quant à lui choisit de rester sur un petit relief, à la limite d'une forêt pour jouer la zone de déclenchement. Il aura un peu plus de succès que Marc mais finira également par poser. C'est clairement le gros point dur du vol. Pour ma part, j'ai choisi d'entrée de jeu de transiter en douceur vers le soleil, où les cums commencent à former. En jouant avec leurs ombres, j'optimise la transition comme je peux. Je passe l'A6 au niveau de la fameuse colline "Distrimix", et continue jusqu'à me retrouver sous les 100m sol. Je trouve alors un petit déclenchement qui me permet de patienter en dérivant. Finalement, je tente une petite branche face au vent, tiré par ce que je pense être une aspiration thermique. Bingo ! Ca remonte assez fort au début, puis bien vite je retrouve la +1m/s. Décidément dure cette journée ! A force de patience, je rejoins presque le cum, vers 1800m. Le plafond est monté d'un coup ! Bonne nouvelle ou presque, puisque une superbe rue se découvre devant moi. Malheureusement, son axe NNE m'empêche de l'engager sous peine de TMA. Je continue donc à craber, quittant la mort dans l'âme mon cumulus pour me jeter dans le bleu.
Première grande transition, remontée à +1.5 jusqu'à 1800. Nouvelle transition, je me force encore à craber, jusqu'à trouver LE thermique de la journée: +3 intégré jusqu'à 2000m, le meilleur plafond de la journée, dans le tout bleu. La vue est magnifique sur Auxerre, Clamecy au loin, et les innombrables champs de colza qui jaunissent la région. Encore une grande transition à craber, pour arriver dans le "triangle des Bermudes" après Clamecy. Ici, peu de routes, pas de villages, aucun trafic. Il ne faut pas poser. Je m'y efforce, et fini par passer le coin Est de la R20B1. Je reconnais le coin: en effet, je passe le long du site de Grenois ! Moment sympathique vite oublié: le vent est maintenant au Nord, et m'emmène directement vers la TMA de St Yan. Ce parcours ressemble vraiment au passage du chat d'une aiguille. Je lutte donc pour craber à l'opposé du reste du vol, un comble ! J'y arrive quelque temps, mais la réalité s'impose. Il n'est pas encore 17h, les TMA sont toutes actives, et je dois me trouver une récup'. Dans ce désert, je vise donc une route qui semble "passante". Mauvaise idée... Ce sera la récup' la plus longue (et la plus galère) de ma vie de parapentiste.

Avec 124km au compteur en ligne droite, je ne vais pas me plaindre. C'était un grand plaisir de pouvoir débuter le cross entre amis, et de survoler une nouvelle région avec des plafonds impressionants. Bien sur, sans Avord et sa myriade de zone règlementées, les 200 étaient assurés: il suffisait de suivre la rue de cum... Tant pis pour cette fois ! Si jamais vous connaissez le général de la base, faites moi signe !

mardi 26 janvier 2010

Agitation & Résultats

Tout d'abord, mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année aux lecteur de ce blog.

Le sondage est arrivé à son terme, et la marque de parapente qui vous fait majoritairement rêver est Niviuk ! Ce nouvel entrant frappe fort pour ses début, et devance de peu Advance et AirCross dans le sondage...

Et pourtant, depuis peu le monde du parapente est en proie à l'agitation. Le BBHPP d'Ozone a introduit une révolution en franchissant le pas de la rigidification et du deux lignes (ne reste donc que les rangées A&B). Certes, d'autres avant eux avaient entamé le processus pour leurs ailes de compétition: rigidificateurs plastiques dans la corde pour Gin, Niviuk; prototype de deux lignes chez AirCross. Qui a commencé quoi, là n'est cependant pas la question à mon sens.

Le fait est que l'avancée remarquable produite par Ozone laisse la concurrence dans l'expectative, et plus généralement toute la communauté des "engins sans structure rigide pouvant décoller et poser sans vent". Car au delà de la décision étrange de la "Paragliding Manufacturer Association" de redéfinir la notion de "flexibilité" suite à cette avancée (je vous laisse lire le sujet bien expliqué ici), c'est bien tout le concept d'homologation qui est à revoir, avec ses implications sur la compétition, la "catégorisation" des voiles, l'organisation des instances, etc. En effet, une bonne partie des tests (devrais je dire norme?) réalisés pour homologuer une voile ne sont plus envisageables avec des voiles à deux lignes. A la limite, c'est moins la rigidification qui pose problème que la disparition de nombreuses suspentes...

Bref, la FAI va statuer sur la définition de parapente type "class-3" en février. Mais l'agitation risque de continuer. La saison compétition 2010 sera une fois de plus le laboratoire de ces innovations. Espérons qu'elles ne seront pas bridées à l'avenir par de récurrentes considérations sur les "normes"...

mercredi 23 septembre 2009

Nouvelle saison, nouveau sondage !

Le sondage réalisé juste à droite sur ce blog arrive à son terme. Le résultat est sans appel: les deux grosses majorités d'entre vous pense que les 400km sont atteignables en France, et que l'on atteindra Montalivet à 462km de Jeufosse. Belles perspectives dont j'espère bien faire parti !! Qui sait, peut être en 2010?

Pour le remplacer, j'ai prévu une question marketing puisqu'elle concerne la représentation:
quelle est votre marque préférée dans le monde du parapente?

L'idée ce n'est bien évidemment pas de répondre pour défendre la voile avec laquelle on vole, mais plutôt de désigner la marque, qui fait partie de l'univers parapente au sens strict, qui vous séduit le plus. Tous les critères sont envisageables, mais au final il y en a bien qui vous fait craquer, dont l'esprit vous fait rêver...

Résultats le 1er janvier 2010 !

L'avenir du circuit

Maxime a posté sur son blog une discussion intéressante, qu'on a pu retrouver sur la liste de diffusion Comp-A. Je ne pense pas qu'il faille refondre ce que nos prédécesseurs ont mis du temps et de la réflexion à développer. Entre autres idées, le retour d'une "serial class" me parait une aberration par exemple.

Je vous présente donc l’idée que je me fais du circuit français et international, et qui n’apporte que des modifications à la marge. Bien évidemment, mon « CV » de parapentiste n’est pas étranger à cette conception. Pour reprendre le document de Maxime dans l’ordre, voilà donc mon opinion.


Un classement permanent français ?

L’idée est intéressante, mais je suis contre. Cela lisse effectivement le classement dans le temps, mais au niveau national, mais ne favorise pas le renouvellement. Il me parait plus clair, lisible, et plus agréable pour un pilote français ou les éventuels médias de repartir chaque année sur une nouvelle base.

Réunir A et B ?

Compte tenu de ma position précédente, je suis contre. A vrai dire, je suis contre tout amalgame. Les B permettent de s’initier à la compétition, et d’intégrer les meilleurs en A. Le partage de la population permet plus de sécurité en vol, une plus grande facilité d’organisation, et une différence d’ambiance (tout le monde ne vient pas chercher la même chose en compétition). Le format actuel A & B, plus éventuellement B access en cas de surpopulation en B me parait tout à fait valable.

Changer le scoring ?

Pourquoi pas. Introduire une notion de « niveau » d’épreuve en fonction des pilotes présents me parait envisageable. On prendra alors simplement le classement de l’année précédente pour le déterminer.

Quid des épreuves françaises ?

Je suis pour la séparation Coupe de France / Championnat de France, et pour une épreuve nationale un WE sur 2. La sélection en A comme en B se fait par rapport au classement de l’année précédente, en fonction des places disponibles. Le Championnat de France est ouvert aux 100 A + 20 étrangers.

Il n’est pas possible aux A de participer aux B et vice versa. De même, on retire la manche CFD qui n’a rien à voir avec le circuit. Je suis complètement pour l’évolution matérielle et médiatique que propose Maxime.

L’organisation de ces épreuves ?

La CFD reste un challenge indépendant. Par contre, il me parait intéressant, non pas d’ajouter, mais de permettre des épreuves A et B de type challenge de distance. Le meilleur pilote doit savoir être polyvalent et gagner en parcours imposé comme en parcours libre.

Les concepts de DE unique, et d’une cotisation annuelle au circuit me semblent vraiment opportuns pour professionnaliser les événements, améliorer la sécurité, mutualiser les besoins pour réduire les coûts, et ainsi optimiser la gestion du capital « inscription ».

La sélection et le haut niveau ?

Les compétitions internationales ne devraient pas être réintégrer dans le classement français, mais servir uniquement à un classement international et au ranking PWC.

Le seul souci reste les pilotes français qui courent en PWC, qui doivent participer aux A + Championnat de France pour continuer d’assurer leur ranking de sélection. La solution pour moi serait de revoir le ranking PWC, en étant plus généreux en « lettre » envers les pilotes qui sont sur le circuit PWC.

L’argent ?

Je suis pour l’introduction de l’argent mais seulement au niveau international. C’est la seule population prête à aller plus loin. Comme l’a dit Maxime, cela passe par plus de médiatisation, vaste sujet. Mais on pourrait introduire le concept à l’occasion de challenges déconnectés du circuit : une forme de prize money-prouvette…


Conclusion

Plutôt que de multiplier les classes (Serial, Compétition, Standard, ou je ne sais quelle lettre de norme nouvelle), de changer les scoring, ou encore de remettre en question un système qui fonctionne bien depuis longtemps, je suis pour essayer de le simplifier, tout en l’étoffant.

On arrive ainsi à une variation du modèle actuel en escalier (B access, B, A, Championnat de France, PWC, Championnat du Monde) où la progression du pilote s’accompagne d’une montée en gamme de son équipement. On étoffe le type des épreuves (parcours libre ou imposé, repondération du temps mini) pour juger de la qualité d’un pilote.

lundi 14 septembre 2009

M'allez-y !!

Déconfiture? Après un samedi atomique qui nous laissera sur notre faim car apparemment trop fort en vent, nous décidons contre l'avis de dégradation des prévis pour le dimanche d'aller faire un tour à Malay, avec Franck, Marc et Toni...

Nous arrivons relativement tôt pour décoller dans la foulée avec Franck. C'est venté et travers NE comme il faut. On peine à tenir sur l'épaule Est dans des conditions matinales hachées. Après une demie heure de yo-yo, nous allons poser. Le doute s'installe, mais nous décidons de faire un dernier essai. Le vent s'est redressé conformément aux prévisions, il est environ 13h. Je redécolle à la vue d'un alignement qui se pointe en face de nous. Autant essayer de prendre la tête de gondole !
Les martinets arrivent, et je fonce vers un thermique à prix discount. Ca monte pas trop mal (+1.5), Franck suit, ça s'organise, on ne décale pas trop, le cum est là: 800m/sol. On temporise un peu pour laisser les cums nous dépasser un peu, car c'est très bleu dans la dérive. On avance ensuite prudemment, le plafond étant encore bas.
Ca rebondit pas trop mal, jusqu'à passer l'A6. Le jeu commence alors à se corser. Franck est resté un peu en retrait, suivi de Marc et Ludo qui se sont extraits peu après nous. Je lutte pour ne pas aller trop bas, je sens bien que la masse d'air n'est pas très bonne, surtout près du sol. Néanmoins, premier point bas. Je ressors au dessus d'un champ de tournesols bien exposé, dans le plus beau thermique de la journée: +2.8m/s intégré. Pendant ce temps là, le plafond est monté avec l'heure qui tourne (et donc la température qui monte), et j'atteins la barbule en formation avec Franck qui me rejoint: 1300m. On commence à voir Dampierre et Belleville, les centrales de la Loire. Malheureusement, le ciel s'est bien asséché, ne laissant place qu'à quelques rares nuelles. Derrière nous, Ludo et Marc recollent, profitant d'une meilleure masse d'air un peu plus cumulifiée.
A Bléneau, la lutte est engagée. Bien appuyé en transition, on ne trouve rien pour ressortir. Je me résous à enrouler du -0.3... Franck ne passera pas le cap, mais le déclenchement était là. Je ressors à Champoulet (!), rejoins par Marc et Ludo. Ce dernier prend d'ailleurs un temps d'avance, et traverse la Loire dans la foulée. Devant le bleu installé, je patiente avec Marc. Comme d'habitude, ça redonne étonnamment bien sur la Loire... Mais passé cet agréable moment, la partie se gâte. Je ne retrouve plus rien, et chaque transition m'enfonce à -4 intégré. Où est il?! Nul part... Je ne retrouve que des bulles sèches et inenroulables. Impossible de ressortir! Je pose à 16h à côté d'un joli château (Boucard), toujours propriété de la famille. Ludo fera un peu moins, et Marc pas mieux... Satanée région ! Pour une fois que nous pouvions entrer dans Avord !!

Enfin le retour sera une formalité, grâce à Véronique ! A posteriori, il semble que la dégradation de la masse d'air soit due à un réchauffement de la couche à 850hpa, gagnant plusieurs degrés une fois la Loire passée. Je n'ai pas d'autre explication, si ce n'est que le front descendant du Nord a du jouer un rôle. Mais nous n'aurions pas du avoir des conditions aussi favorables de toutes les façons... Alors je reste dans le flou, en espérant retenter l'expérience la saison prochaine. Après tout, comme le dit la devise de la maison Boucard, "Victrix patentia fatia", autrement dit « la patience, victorieuse du destin »... A méditer !


mardi 21 juillet 2009

Croatie, debriefing.

J'ai participé à ma deuxième épreuve de Coupe du Monde à Buzet en Croatie. L'expérience était intéressante, mais je ne me voila pas la face: cette compétition a été un échec. Je n'ai pas tenu mon objectif du top 30, et je ne suis pas qualifié pour l'Italie (ahhhh si j'avais pu aller en Turquie...).

Cette semaine est sans aucun doute la pire semaine de compétition que j'ai pu faire. J'ai mal commencé (manche 1), j'ai du abandonner une manche pour des problèmes matériels (manche 2), et je n'ai pas réussi à concrétiser la fin de la semaine alors que j'étais plutôt bien placé au début de chacune (manche 4, 5, 6). Concrètement, mon analyse météo a failli, je me suis trop laissé influencer par le "groupe" des autres pilotes, je n'ai donc pas pu tirer parti de ce qui constitue mes points forts d'habitude. Enfin, même si ce critère arrive en dernier, j'ai senti que les performances en retrait de mon aile de 2007 ne m'ont pas aidé. Pour faire simple, je peux dire que je ne me suis pas adapté au style de vol requis pour la Croatie. Le plus important est que je n'ai pas réussi à corriger certains de mes défauts de comportement en vol.

Heureusement, le tableau n'est pas tout noir. J'ai appris beaucoup en cheminement pendant la semaine. J'ai largement progressé en résistance dans la durée, que ce soit sur le vol, ou sur l'enchainement des vols d'ailleurs. La manche 3 m'a aussi permis de réaliser mon meilleur score en Coupe du Monde, 5ème sur la manche où seuls 11 pilotes ont bouclé. J'en profite pour marquer pour la France, ce qui est gratifiant. Je garde en mémoire ce coup d'éclat, comme une suite de décisions justes et d'un style de vol bien adapté aux conditions du jour. Ce fut aussi l'occasion de faire doucement connaissance avec les pilotes de PWC, et de rentrer dans l'intimité du matériel et de la conception. Un sujet passionnant !

Au final, j'ai pu cerner plus clairement mes défauts sur ce genre de compétition, que je m'efforcerai de ne pas reproduire à l'avenir. Ce fut aussi l'occasion de prendre du recul avec la dualité que traverse un compétiteur: le sacrifice et l'envie. J'aurais l'occasion d'y revenir, mais j'imagine que vous percevez déjà le sens de mon propos...
Pour termine sur un autre registre, les croates sont plutôt sympas, mais prennent un peu le touriste pour un jambon. Côté destination, préférer la côte au sud et les îles à l'Istrie. Le vin rouge y est infâme et la cuisine somme toute assez moyenne, sauf les plats aux truffes !!