un peu loin pour du tout bleu, et j'ai bien envie de varier les parcours. Retour donc à Malay, après l'épisode de mercredi. Cette fois, le vent est plein NE. Malay est un site Nord, ce n'est donc gagné... Mais je l'ai déjà fait: en septembre 2003, cela m'avait même permis de passer pour la première fois la barre des 200km en plaine.
Sans nouvelle de personne, je me mets en route vers Sens. Personne sur le site. Au déco, ça souffle vraiment fort, et travers 45°, comme prévu. Si fort que j'hésite à me mettre en l'air. Je sens bien la séquence marche arrière... J'attends un bon creux dans les cycles, et décolle rapidement. Tout doucement, je rejoins l'épaule NE où je me place en attente, quasi scotché. Ce sera à la faveur du second cycle thermique que je sortirai dans un beau +2.7. Ce début de journée est idyllique: plafond à 1200, des petits cums alignés dans l'axe. Petit discussion radio avec mon père resté chez lui pour faire le point. En effet, je sens que l'activité thermique n'est pas au mieux. Même si je ne descends pas en transition, je ne trouve pas d'ascendance digne de ce nom sous les nuelles. Je continue ainsi mon chemin, avec quelques pauses dans du +0.5. Je descends néanmoins doucement mais surement vers mon premier point bas, à côté de Châtillon Coligny (ville célèbre pour son histoire, son superbe donjon bâti par Etienne de Sancerre, et ses armes or-azur).
Sus à l'ennemi ! Vers 100m/sol, j'aperçois enfin ce qui semble être un déclenchement prometteur. Effectivement, ça secoue un peu mais rebond à +3 jusqu'à 1300m. Ensuite direction Gien, sous un ciel intégralement bleu. La masse d'air s'est intégralement asséchée, ce qui n'est pas de bon augure pour l'obstacle majeur qui se présente: la Sologne. Je passe légèrement plus au nord que mon itinéraire de 2003, mais j'en reconnais très bien les paysages. La visibilité est incroyable, et les lacs scintillent déjà au loin. Il est temps d'attaquer la forêt. Je tire bien évidemment le frein, et prends mon temps pour bien faire mes plafonds (1400m au mieux) dans des thermiques globalement faibles (+1). Heureusement, la dérive joue en ma faveur, puisque j'affiche en moyenne 75km/h vent dans le dos, sans accélérer. 10km/h de plus qu'au départ, le vent s'est légèrement renforcé. Ce qui ne me rassure pas, c'est qu'au sol on dirait que c'est la tempête. Chaque point bas est une petite angoisse car les "vaches" ne sont pas nombreuses, au milieu de ce territoire dévolu à la chasse pour chasseur ne sachant pas chasser.
J'ai bon espoir de sortir indemne de la zone, mais un dernier point bas après Theillay m'oblige à poser. Entre poser en sécurité ou tenter de dériver un zéro incertain au dessus des quelques kms de forêt restants, mon choix est vite fait. Je ne le regrette absolument pas, vu le posé aérien (scotché bras, 1er barreau par moment, avec de beaux rouleaux) auquel j'ai du faire face. Au final, 143.4km en ligne droite, pour une journée annoncée relativement moyenne et dans le bleu, joli clin d'oeil à 2003. C'était un vrai plaisir de profiter de ces conditions, j'aurais aimé que d'autres puissent le faire avec moi ! Un grand merci à mon père pour la fin de récup' nécessaire pour récupérer la voiture. Et une question qui demeure: quand pourra t on faire 200km cette année?

